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Utilisation

jeudi 7 avril 2022, par La graine

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Étapes clés d’utilisation du composteur collectif ou en établissement. Consignes aux membres, états du bac à compost, broyat, refus d’apports...

Sommaire

Consignes aux membres
États du bac à compost
Broyat
Ce que l’on met ou pas

L’utilisation du composteur nécessite de comprendre quelques étapes clés du dépôt des biodéchets jusqu’à l’obtention d’un compost.

Dans cette partie, nous allons parler d’apports autorisés ou non. Ceci dépend entièrement du choix qui a été fait pour le site de compostage de proximité.

En effet, théoriquement, toute matière organique se décompose. Cependant, pour diverses raisons [1], des choix peuvent être faits sur les apports souhaités ou non.
Une partie à la fin traite des problématiques / difficultés / gênes potentielles de certains apports.

Consignes aux membres

Voici un exemple de consignes à envoyer aux nouveaux membres (ou une piqûre de rappel ☺).
Le mail permet de contacter tous les utilisateurs pour les solliciter plus facilement en cas de besoin (manipulation ou autres).

Sources

Voici les sources modifiables.

En format traitement de texte (fait sur Libre Office).

États du bac à compost

Le compost a plusieurs états. Nous allons les voir dans l’ordre chronologique. Les bacs peuvent être utilisés en faisant une rotation pour permettre d’avoir plusieurs états en même temps.

En cours de remplissage

Il n’y a qu’un bac en cours de remplissage à la fois. Le respect des consignes, que l’on retrouve par la suite, est important.

Dans l’exemple ci-dessus, de consignes envoyées, le bac de dépôt est toujours le même pour simplifier pour les utilisateurs.

Après avoir déposé ses biodéchets, on ajoute par-dessus un peu de broyat. La quantité de broyat est environ à celle du volume déposé.
Le broyat contient du carbone (C). Les biodéchets contiennent essentiellement de l’azote (N). Le ratio C/N est un indicateur de la décomposition des matières organiques (aussi appelé humification).

En séchant pendant cette période et les suivantes, le volume peut diminuer de 40 à 60 %, en grande partie via la perte d’humidité des déchets organiques.

Voici un exemple d’écriteau à apposer sur le bac en cours. (À plastifier pour résister aux intempéries).

Sources

Pour les personnes qui maîtrisent le vectoriel (svg fait sur Inkscape). Tutoriel pour modifier le document disponible ici.

Un format simplifié pour le traitement de texte (fait sur Libre Office).

En maturation

Une fois qu’un bac est rempli, on le met en état de maturation en arrêtant les dépôts.
Dans l’exemple ci-dessus, de consignes envoyées, le bac de dépôt est alors transvasé, pour le mettre en maturation dans le bac suivant. Cela a deux avantages : aérer le compost et conserver le même bac de dépôt.
Pendant la période de maturation, les bactéries, champignons et autres organismes (micro-organisme, macro-organisme, vers de terre, cloportes…) dégradent les éléments qui s’y trouvent.
Au cœur du compost, la température peut monter à 70° avec toute cette activité.

Voici un exemple d’écriteau à apposer sur le bac en maturation. (À plastifier pour résister aux intempéries).

Sources

Pour les personnes qui maîtrisent le vectoriel (svg fait sur Inkscape). Tutoriel pour modifier le document disponible ici.

Un format simplifié pour le traitement de texte (fait sur Libre Office).

Le retournement

Il est intéressant de transvaser un bac en maturation vers un bac vide. En faisant cela, on décompacte la matière en décomposition et on l’aère.
L’apport d’air permet aux bactéries aérobiques de proliférer et d’aider à la dégradation finale.

La distribution

Au bout de 9 à 10 mois de maturation, le compost est prêt à être distribué ! On reconnaît un compost mûr à sa couleur brun foncé, sa consistance grumeleuse et une bonne odeur boisée.
Pour la distribution du compost, vous pouvez :

  • communiquer auprès des membres du composteur collectif ;
  • communiquer auprès des voisins qui ont un jardin ;
  • le déposer dans un jardin collectif ;
  • le donner au service des espaces verts ;
  • ou encore le revendre le si vous êtes constitué en forme le permettant légalement.

Broyat

Il est important de mettre du broyat et non pas des branches entières, qui auront du mal à se décomposer et qui n’absorbent pas les odeurs.
Pour obtenir du broyat, il est possible de demander au service des espaces verts, à une scierie ou encore à la déchetterie.
Si vous n’avez pas de broyat disponible, il est possible de mettre des feuilles mortes. Une fois les feuilles mortes et brunies, le taux d’azote diminue et elles sont essentiellement composées de carbone.

Ce que l’on met ou pas

Consignes

Il peut y avoir des variantes locales dans les consignes, faisant intervenir plusieurs paramètres, comme cité dans l’introduction de cette section.

Voici un exemple d’écriteau à apposer. (À plastifier pour résister aux intempéries).

En png

En pdf

Sources

Pour les personnes qui maîtrisent le vectoriel (svg fait sur Inkscape). Tutoriel pour modifier le document disponible ici.

Un format simplifié pour le traitement de texte (fait sur Libre Office).

Apports qui posent questions

Comme indiqué auparavant, toute matière organique se décompose. Cependant, pour diverses raisons, des choix peuvent être faits sur les apports souhaités ou non.

Coquilles d’œufs

Les coquilles d’œufs peuvent avoir des difficultés à se décomposer. Bien écrasées, elles ne poseront pas de soucis.
Le calcium neutralisera le pH du compost (si on accepte les agrumes, c’est pratique) et les coquilles d’œufs apporteront du magnésium et du phosphore au futur terreau.

Épluchures d’agrumes

Pour les agrumes, la question qui se pose est celle de l’acidification du pH du compost. Néanmoins, en quantité qui n’est pas excessive, cela ne posera pas de souci. Une fois coupées en petits morceaux, les épluchures se mélangeront bien dans le compost, pour se décomposer de manière plus homogène.

Viandes, poissons, crustacés

Ces trois éléments peuvent poser souci pour des questions en attirant les rongeurs et des animaux domestiques ou errants. Cela peut être contré par un grillage anti-rongeur et en faisant la chasse au moindre orifice dans le composteur.

Le poisson et les crustacés peuvent être particulièrement odorants (spécialement en quantité après des périodes de fêtes).

De plus, pour la viande se pose la question de la bactérie E Coli. Celle-ci prolifère entre dans des températures entre 7 °C et 50 °C, la température optimale étant de 37 °C. Une température de 70° est conseillée pour s’en débarrasser. [2]

Dans tous les cas, il y a un risque pathogène plus élevé.

Coquilles de noix

Les coquilles de noix, noisettes,..., se décomposent très lentement. Elles contiennent cependant des éléments nutritifs intéressants (magnésium, phosphore...) et leur présence peut améliorer l’aération et le drainage du compost.
Selon, entre autre, l’usage du compost (jardinière ou jardin), on peut accepter ou non cet apport.
Si vous ne les utilisez pas dans le compost et que vous en avez en grande quantité, il est possible :

  1. d’en faire du paillis ;
  2. les utiliser au fond de pot de fleur pour drainer l’eau ;
  3. de les utiliser dans les allées de jardins en tant que passe-pieds...

À noter que certaines coques, comme les amandes, se décompose assez bien.

Noyaux

La présence de noyaux de petites tailles (type olives ou cerises) dans le compost ne posera pas vraiment de problème et ne seront pas trop visibles.
Les noyaux de pêche et d’avocat se décomposent assez lentement.

Papiers et journaux

Théoriquement, les papiers et journaux peuvent passer. Cela fait un apport de carbone.
Il faudra cependant faire attention au type de papier (non traité, ni plastifié, sans brillance et sans encres lourdes...).
On peut aussi privilégier le recyclage des papiers et des journaux pour diminuer l’exploitation des forêts.

Tontes d’herbes

Les tontes d’herbes peuvent être refusées pour deux raisons principales. Cela prend pas mal d’espace et l’herbe est riche en azote.
L’apport en azote peut être neutralisé par celui en carbone du broyat.
On peut accepter sporadiquement ou non une couche pas trop épaisse (5 à 10 centimètres).
On peut aussi composter à part l’herbe (en tas ou en bac), pour ne pas prendre trop d’espace.

Coquillages

Les coquillages se décomposent difficilement, mais apportent des éléments minéraux sur le long terme par usure. Selon, entre autre, l’usage du compost (jardinière ou jardin), on peut accepter ou non cet apport.

Sacs en bioplastique

Si les sacs en bioplastiques sont indiqués comme biodégradables, selon le temps de transformation, cela peut s’avérer insuffisant.
Une étude de l’Université internationale « Marine Litter Research Unit de Plymouth », publiée dans le journal « Environmental Science and Technology » [3], montre des sacs biodégradables toujours intacts trois ans après avoir été abandonnés dans la nature.

Litière animale

Les litières ne sont pas toutes végétales, ce qui serait fortement à privilégier pour l’équilibre du compost. De plus, il peut y avoir des éléments pathogènes, comme la toxoplasmose, dangereuse pour les femmes enceintes et personnes immunodéprimées.

Toilettes sèches

Pour des raisons pathogènes, d’odeurs et de confort des utilisateurs, nous évitons les matières fécales. On compostera cela ailleurs et le plus souvent dans son propre jardin. Le temps de compostage est également plus long (18 mois à minima).

Huile végétale alimentaire

Les huiles peuvent réduire la circulation de l’air en occupant les espaces et peuvent attirer des rongeurs. Elles contiennent des lipides qui sont riches qui pourraient nourrir des espèces dans le compost et peuvent, en théorie, passer en très petite quantité.
Par contre, les huiles de friture sont en plus grosses quantités et ne passent pas dans un composteur collectif classique.

Cheveux et ongles

Les cheveux et ongles (et poils d’animaux) sont de bons activateurs de compost, mais l’utilisation de traitements (teinture, décoloration, vernis et autre produits), peuvent faire poser des questions. À ce propos, un guide sur la toxicité à été fait il y a quelques années, mais n’est plus à jour.


[1type de composteur, mixité des apports, groupe d’utilisateurs, utilisation finale, temps de maturation, manipulation souhaitées, contrat du maître composteur et temps à passer sur le lieu...

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